Santé mentale, éthique, déontologie, liberté et Internet.

Des limites de l'anonymat sur Internet ?
Des forums psys et médicaux non modérés ou modérés par des personnes en prise à des troubles psychopathologiques ?
De la légitimité des auteurs de sites psychologiques sur Internet ?

  Introduction

Internet est un espace de liberté et le risque inhérent à toute liberté est qu'elle puisse conduire à tuer la liberté ce qui serait dramatique.
Le slogan de Mai 68, "il est interdit d'interdire", est par essence liberticide car il ne peut y avoir de liberté sans cadres.
Et pour en rester à des citations classiques, je vous dirai que "la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres".
Bien sûr, je peux vouloir être libre de dire ce que je veux, aucun problème ! Par contre si ce que me dit l'autre me cause du tort et ce, sans qu’il risque quoi que ce soit, alors je ne parle plus de liberté mais d'anarchie.
Un autre point qui mérite réflexion est l'usage de l'anonymat : "puis-je tout dire en me protégeant derrière un anonymat ?" ou cet anonymat peut-il être liberticide...
Des limites de l'anonymat sur Internet ?
De la modération des forums PSYS ?
Des forums psys modérés par des personnes (malades) (en prise avec une psychopathologie) ?
De la légitimité des auteurs de sites psy sur Internet ?


Des limites de l'anonymat sur Internet ?

L'anonymat "positif":
L'anonymat est ce qui permet de pouvoir s'exprimer avec le moindre "risque" pour soi-même ou pour ses proches.
Il est évident que si j'exprime ma souffrance, que j'exprime par exemple souffrir d'un trouble schizophrène, tout en précisant mon nom, mes coordonnées, et que je suis pilote chez Air France (c) ou juge d'instruction, il est possible que cela puisse avoir quelques retentissements forts négatifs dans ma vie (exemples non "contractuels"). En tout les cas, il est probable que cela ne va pas faciliter l'expression de mes sentiments.
Bref, pour se dire, se raconter, exprimer du "JE", l'anonymat sur Internet est une très belle chose, qui permet de sortit de l'isolement et de soulager des souffrances .

L'anonymat qui "emprisonne":
L'expression "virtuelle" (sur le Net) considérée comme outil, comme passage vers... ne peut qu'être positive car il est important de pouvoir libérer la parole...
Mais là où cette expression peut devenir néfaste, c'est lorsqu'elle joue alors le rôle de cocon.
Ainsi, au lieu de me libérer, au lieu de me donner de gagner en "unité", cet espace de liberté anonyme où je m'exprime sans crainte ni contraintes, peut devenir un deuxième moi et une prison. Il peut y avoir le moi de la vraie vie, du monde réel dans lequel je suis acteur (je montre un moi qui est le plus "normal" possible) et le moi du monde virtuel dans lequel je suis plus authentique (je montre un moi qui est plus "pathologique" et moins en adéquation avec ce que la société peut attendre de moi)
Je peux ainsi risquer de m'enfermer de plus en plus dans un cocon et fuir de plus en plus la vraie vie, celle où l'on est amené à assumer ses propos et ses actions (ce qui ne se produit pas dans l'anonymat).

L'anonymat "négatif" et liberticide:
Sous couvert d'anonymat, il est facile d'être un bourreau ou un héros.
Certaines personnes sans courage utilisent l'anonymat pour régler leurs comptes, pour exposer leur VERITE, pour encenser ou au contraire pour juger et condamner.
Nous parlons ici de psychopathologies (et il se trouve qu'une psychothérapie a divers objectifs dont la connaissance de soi, le fait de gagner en autonomie, en libre arbitre, mais aussi en responsabilisation) !
Apprendre à s'assumer en tant que soi et aussi faire des choix que l'on assumera (le contraire étant de se positionner éternellement en victime).
En ce sens, l'anonymat peut devenir totalement autodestructeur dans les cas où l'anonymat m'autorise l'irresponsabilité la plus totale.
Je peux porter une personne au pinacle ou détruire sa réputation sans avoir à assumer la moindre responsabilité car "JE SUIS ANONYME" !

Peut-on parler encore de liberté d'expression, alors même que l'on s'arroge un tel pouvoir sans avoir à subir la moindre conséquence de ses actes ?
Trouveriez-vous sain ou moral que les forces de l'ordre et juges puissent appréhender ou juger en restant anonymes sans avoir à répondre de leurs actes ?
Et bien c'est pourtant cette "liberté" que réclament certains intervenants sur Internet !

Plus grave encore, cet anonymat est présent chez certains webmasters (gestionnaires, responsables de sites) de sites médicaux ou psychologiques. En clair, il existe des sites psys où nous ne connaissons pas même le nom de l'auteur qui exprime une opinion ou qui rédige le site.
Nous ne disons (absolument) pas que les propos tenus sur ces sites internet sont nécessairement faux ou dangereux mais qu'il n'est pas possible d'exercer le moindre contrôle ou contre-pouvoir.
Citons par exemple (ex. non représentatif ni exhaustif) des sites psychologiques qui semblent avoir fait le choix de l'anonymat pour des raisons qui leur sont propres et où le nom du (ou des auteurs) ne semble pas présent sur le site (ou il est bien caché), comme psy-net.info, medecine-et-sante, megapsy, etc. (au moment où nous écrivons ces lignes).

Cet anonymat est aussi présent chez des "modérateurs" de forum psys sur Internet.
Pour celles et ceux qui l'ignorent, rappelons que le modérateur sur un forum veille au bon déroulement des discussions et sanctionne / corrige / amende le contenu de messages qui pourraient se révéler hors sujets, dangereux, insultants, illégaux, etc.
Le modérateur a donc tout pouvoir de jugement et de "condamnation", en décidant ce qui peut être lu et ce qui ne peut pas l'être. Sur certains forums, il a même la possibilité de modifier le contenu des textes postés sans que l'auteur puisse donner son véto.
Citons à nouveau psy-net.info ou le "célébrissime" (par sa fréquentation...) atoute.org (c) dont le forum psy est modéré depuis quelques mois par des personnes dont nous ignorons tout: Ces personnes y ont le pouvoir d'autoriser et d'interdire des discussions, de modifier le sens de certains messages, la possibilité de faire passer une opinion, tout en demeurant totalement anonymes ! (nous parlons ici de l'anonymat des modérateurs et absolument pas de l'anonymat des intervenants)

Nous trouvons aussi sur Internet des médecins qui se "cachent" derrière un anonymat comme si ce qu'ils avaient à dire ne pouvait être dit ouvertement au grand jour. (Dans le domaine du trouble borderline nous voyons souvent sur la toile un dénommé "HargI" ou "Iitvinov" qui selon nos sources est un médecin psychiatre).
Certains s'expriment sous des pseudos (surnoms) en cachant le fait qu'ils sont médecins tandis que d'autres, bien qu'anonymes, précisent dans leurs écrits qu'ils sont médecins (cela donne du poids à leur intervention) alors même que le lecteur n'a strictement aucun moyen de vérifier la véracité ou la source (l'auteur) de l'affirmation.
Autre pratique existante sur Internet, sous le couvert de l'anonymat: Certains médecins utilisent aussi leurs patients (anonymes) pour faire passer un message (public). C'est ainsi que nous pouvons lire parfois sur des forums des phrases comme "Mon médecin, à qui je fais une totale confiance, m'a dit que...", et bien entendu sans que le nom du médecin ou de l'auteur ne soit cité... ni même la possibilité d'être certain que le médecin en question a fait cette citation ou pas.

Pour résumer, nous pensons qu'il est bénéfique et éthique que les personnes qui interviennent sur le Net en parlant d'elles-mêmes puissent bénéficier d'un anonymat garanti si elles le désirent (autant que faire se peut).
Mais nous pensons qu'il est malsain, malhonnête et dangereux d'autoriser ce même anonymat lorsqu'il s'agit de parler des autres, voire de les juger, de les condamner en ligne ou de donner une opinion sur des traitements, maladies… !
Cette dangerosité et cette malhonnêteté étant décuplée dans le cas de personnes qui disposent d'un "pouvoir" (webmasters responsables de sites, modérateurs de forum, etc.)

Une règle d'or devrait être:

"Je parle de moi, je demeure anonyme si je le désire !"
"J'énonce une opinion, un jugement sur un tiers, je précise mon nom !"
"Mes propos reflètent officiellement l'opinion d'un site, d'une institution, d'un forum, je précise mon nom et mes qualificatifs !"

De la modération des forums psys ?
 
Animer et modérer un forum psy n'est pas du même ordre qu'animer et modérer un autre type de forum comme par exemple un forum sur les voitures de collection…
L'enjeu n'est pas le même dans ces deux cas du fait qu'il est posé comme base que le forum psy sera fréquenté par des personnes fragiles en prise à des troubles psychopathologiques divers et variés, et parmi les participants, certains seront dans un déni total ou pourront se penser "guéris" (il y a aussi des personnes guéries ou non "pathologiques" qui fréquentent ces mêmes forums).

Ceci pour dire que nous sommes dans un domaine où la moindre petite phrase, même d'apparence anodine, peut avoir des retentissements considérables.
Certaines personnes auront tôt fait d'interpréter, d'exprimer des réactions émotionnelles fortes… et ce d'autant plus que l'écrit (qui transmet assez difficilement l'émotion) peut être source de nombreux quiproquos (ce qui se voulait "gentil" pourra par exemple être interprété comme jugement de valeur ou agression).

Il existe plusieurs stratégies possibles pour "gérer" un forum psy, étant entendu que l'on peut aussi user d'un peu de chaque stratégie…
Parmi ces stratégies nous trouvons:

- La stratégie de la victimisation et du "tout le monde s'aime".
Avec cette stratégie, la modération est assez simple. Il suffit d'inonder le forum d'amour, de dire à chaque intervenant qu'on l'aime, qu'il n'a pas de chance, qu'il est une pauvre victime, qu'il y a "plein de méchants partout", puis d'ajouter: "tu verras, demain ce sera vachement mieux" !
Sur ce type de forum, on fera en sorte d'éviter les controverses, on essaiera de dire qu'il n'existe aucune vérité et que tout le monde a raison. Lundi on répondra "vous avez raison" à une personne qui dit "blanc" et le mardi " vous avez raison" à une personne qui dit le contraire, "noir".
Il est bien entendu que cette "modération", quand bien même elle est "confortable", demeure extrêmement néfaste, positionne l'interlocuteur en victime ou peut entretenir un statut de victime chez des personnes en souffrance.

- La stratégie du non-conflit, du "tuons la moindre opposition"
Avec cette stratégie, la modération demeure aussi assez simple. Au moindre message à consonance négative ou d'apparence négative, il suffit alors de supprimer le message et d'exclure l'intervenant. Intervenant qui n'ayant plus la parole sur le forum ne sera plus en mesure de "gâcher" une ambiance ô combien "chaleureuse".
Il est bien entendu que cette "modération" s'apparente plus à une dictature est qu'elle est aussi néfaste, car présentant une image plutôt idyllique du monde psychopathologique (sans violence verbale), ce qui n'est pas le cas.

- La stratégie de la démission, du "dites tout ce que vous voulez, du moment que les morts ne sont pas visibles"
Avec cette stratégie, la modération demeure extrêmement simple dans le sens où il n'y a pas de modération. C'est uniquement lorsqu'un utilisateur exprime une plainte sur des comportements inacceptables que le "modérateur" supprime alors généralement un fil de discussion complet (c'est plus simple que de faire le tri).
Il est bien entendu que cette "modération" ne fait que nourrir des comportements pathologiques et peut conduire à renforcer la symptomatique du patient.

- La stratégie du coup par coup, du "attention, je veille"
Avec cette stratégie, la modération demeure extrêmement complexe dans le sens où les intervenants peuvent s'exprimer de façon positive ou négative. Quand ils franchissent une limite, ils reçoivent  un avertissement leur expliquant que "attention, ce type de propos pourrait être mal interprété ou dangereux". Ce type de modération se veut, autant que possible, "formatrice" et encadrante.
Les inconvénients sont nombreux pour le(s) modérateur(s). Il doit suivre attentivement chacune des discussions, détecter les changements de ton et risques d'emballement, sanctionner tout en ne réservant la censure ou l'exclusion qu'à des situations extrêmes.
Dans ce type de modération, il est évident qu'il arrive bien souvent que le coup de ciseau soit perçu comme censure et que le modérateur se retrouve avec une casquette de "méchant" et de censeur.
Cependant, ce type de modération présente l'avantage de permettre à des personnes en souffrance de pouvoir mettre le doigt sur certains de leurs comportements, mettre par exemple le doigt sur des distorsions cognitives (fausses croyances)… Ce type de modération cherche aussi à gommer au maximum les conseils du type "tu devrais faire cela", "tu devrais rester", "tu devrais le quitter", etc. qui sont des freins à "l'autonomisation".

Bref, une modération de ce type n'est pas toujours de tout repos, d'autant plus qu'elle se veut constructive et ce, dans le plus grand respect de chacun (respecter l'autre pouvant amener à mettre en place des limites et un cadre).
C'est pour ces raisons là que L’AAPEL ne dispose pas actuellement de forum public parce qu'il ne nous serait pas possible de conduire cette tâche avec le maximum de rigueur et d'éthique (au moment où nous écrivons ces lignes).

Le raisonnable voudrait que:

"Une modération du type "attention je veille" soit pratiquée sur les forums psychologiques, présents sur Internet, par des modérateurs clairement identifiés"
Précision légale. En France, sauf erreur de notre part, ainsi que dans de nombreux pays, il est interdit de faire "justice" soi-même en tenant des propos notamment diffamatoires. De plus le webmaster est légalement responsables des propos tenus sur son site, y compris dans les forums.

Des forum psys modérés par des personnes non professionnelles et/ou en prise avec une psychopathologie ?
 
Les questions qui peuvent se poser sont:

"Un non professionnel peut-il modérer un forum psy"  ?
Le pouvoir ? Oui sans doute mais pour quel résultat... c'est plutôt compliqué à mesurer.
Si l'on reprend les 3 premiers types de "modération" évoqués dans le point précédent, alors il est à la portée de tout le monde de les pratiquer. Mais nous pensons qu'il serait abusif, d'utiliser, dans ces cas, le mot "modération".

Alors, un non-professionnel peut-il pratiquer une modération du type "attention je veille" sur un forum Internet ?
Cela semble pour le moins délicat, les troubles psychopathologiques entraînent des réactions qui semblent bizarres, voire illogiques ou disproportionnées pour le commun des mortels.
Si vous ne savez pas que vous avez à faire à une personne qui est sensible à certains types de remarques ou de situations (notamment du fait de sa pathologie), alors il est probable que vous ne serez pas suffisamment attentif à certains propos d'apparence "anodine", alors mêmes qu'ils sont capables de déclencher chez cette personne des réactions en chaîne.
Pour parler du trouble borderline, ce trouble est un trouble de l'émotion. Un simple "sais-tu s'il reste du pain à la maison ?" peut déclencher une réaction émotionnelle extrêmement forte chez le conjoint "borderline" qui l'entendrait. C'est dire que n'importe quelle situation d'apparence "anodine" peut entraîner des "cataclysmes".
Le forum psy qui est de fait un "concentré de souffrance", peut amplifier le phénomène décrit précédemment, en raison de plusieurs facteurs dont l'effet de masse (foule) et le couvert de la protection qu’apportent le virtuel et l'anonymat.
Il est bien évident que plus le modérateur sera étranger à ce monde psy, et plus il risque bien involontairement de passer à coté d'un besoin de modération, voir même de provoquer lui-même sans le vouloir des catastrophes... de toute bonne foi.

(A noter que la simple mesure du taux de satisfaction des utilisateurs d'une forum est un instrument de mesure totalement insuffisant)
"Une personne en prise avec un trouble psychopathologique peut-elle modérer un forum psy" ?
D'une certaine façon, on pourrait dire qu'une personne qui souffre d'une pathologie sait de quoi elle parle : elle la vit au quotidien. Cet élément pourrait alors pencher la balance en faveur du "oui".

Mais est-ce bon pour les participants qu'une personne souffrant de trouble psy se charge de la modération ?
Il est d'abord difficile d'être juge et partie, pas obligatoirement impossible, mais difficile.
Si en tant que modérateur, je parle de mes souffrances, que je me positionne du côté des personnes en souffrance, alors cela devrait compliquer mes rapports avec autrui si je suis aussi celui qui censure les propos d'autres participants. Il semble évident que si je suis dans une discussion avec autrui en tant que personne en souffrance, alors je ne vais probablment pas censurer mes propres propos.
L'autre problème, de taille, c'est que je risque aussi de réagir là où il ne serait pas nécessaire de réagir et de ne pas réagir là où c’est le contraire qui serait nécessaire.
Pourquoi ? Tout simplement parce que mes troubles peuvent fortement influencer ma perception des événements et leur interprétation.

Si je souffre par exemple d'un trouble de la personnalité borderline qui est un trouble de l'émotion, alors mes réactions seront parfois guidées par mes émotions (croyances et schémas de pensée rigides) et mon intervention n'aura probablement plus rien d'une saine modération.
Certains propos peuvent en effet avoir une résonance douloureuse dans ma tête qui fera que j'aurai alors une sorte "d'obligation" de censurer leurs auteurs ou de réagir assez violemment contre eux, alors même que ces propos n'auraient choqué personne d'autre (et le contraire est tout aussi vrai, ne pas percevoir comme dangereux ce qui apparaîtrait comme tel aux yeux des autres).

Est-ce bon pour le modérateur lui-même ?
Restons dans le domaine du trouble borderline. Ce trouble se traduit par une carence narcissique que l'on pourrait traduire par: "je suis en quête d'amour des autres parce que je pense au fond de moi que je n'ai pas de valeur et que j'ai besoin de cet amour pour (sur)vivre".
Aller mieux, c'est notamment apprendre à percevoir rationnellement sa propre valeur. Et c'est là que la modération d'un forum peut totalement fausser la vision que j'ai de moi-même.
Je peux me positionner comme "celui qui est là pour les autres, qui soutient, qui rassure et qui conseille (ce qui n'est pas pour pour le malade:  les "tu devrais" ne rendent pas service à la personne), celui qui a des idées sur tout". Lorsque j'agis ainsi, les participants au forum vont probablement me percevoir comme "la personne idéale, pleine de qualités, toujours prête à donner". Je risque ainsi me fabriquer une sorte de "clientèle captive et renouvelable à l'infini" qui sera là, juste pour me répéter que je suis quelqu'un de bien et me donner plein d'amour, alors même que si j'étais dans la vraie vie, je ne recevrais pas le dixième de ces compliments.
Le problème est que je peux finir par croire tout cela: ce faisant, je ne m’inscrirai absolument plus dans une démarche personnelle pour sortir de mon trouble et ma raison de vivre, ma propre valeur, pourraient devenir la valeur que j'ai en "modérant" le forum.
Un autre point dangereux peut consister à me fragiliser encore plus.
En tant que modérateur (sérieux), je suis celui qui doit parfois censurer ou sanctionner… On peut dès lors me faire nombre de reproches et même des reproches dans lesquels l'interlocuteur cherchera à me blesser (mécanisme de défense lorsque l'on ne dispose pas d'arguments objectifs). Vais-je être suffisamment fort pour prendre du recul ou bien ces coups vont-ils finir par m'user ? (Une des raisons pour lesquelles les "modérateurs pathologiques" opteront logiquement plus pour une modération du type "tout le monde s'aime" afin d'être eux-mêmes les principaux "bénéficiaires" de leur modération).

Citons par exemple (ex. non représentatif ni exhaustif) des sites psychologiques où la modération est assurée par des personnes en prise avec des troubles psychopathologiques avérés et énoncés par les "modérateurs" eux-mêmes.
Atoute.org (c) a choisi de faire modérer son forum psy en partie par une personne qui, par ailleurs, déclarait, je cite: "C'est vrai que personnellement je ne me sens pas capable de modérer, pour toutes les raisons que tu évoques, surtout pour cause d'hypersensibilité.".
A ce titre, le webmaster déclarait en 2OO2 "...la modération expose beaucoup le modérateur, qui peut être violemment critiqué et agressé. Je ne suis pas sûr qu'un schizophrène puisse avoir la sérénité nécessaire pour résister aux aléas de cette mission"

(Nous ne sommes certainement pas en train d'affirmer que les personnes en souffrance ne peuvent pas aider mais que certaines tâches comme la modération sont délicates).

Les techniques de modération généralement utilisées sur les sites avec "modérateur pathologique" font que les participants (ceux qui restent, les opposants étant éjectés, toutes traces effacées..) sont habituellement très satisfaits du forum.
En effet, on les positionne souvent en victime: "comme tu n'as pas de chance", on leur donne des conseils: "tu ferais mieux de faire cela", on leur donne de l'amour: "je t'aime beaucoup, tu es quelqu'un de super", etc.
Ne nous étonnons pas alors que les participants, qui sont par essence des personnes en souffrance, soient pleinement satisfaits du "service rendu".
Mais rend-on réellement service à une personne en la déresponsabilisant ? En étant toujours de son avis, sans réelle opposition ? En la positionnant en victime ? En prenant des décisions pour elle ? En l'infantilisant ? En la rendant captive et dépendante ?
A vous de trouver les réponses...

Le raisonnable voudrait que:

"Il soit souhaitable de confier la modération d'un forum psy à une personne qui possède un maximum de connaissances sur les pathologies que doit couvrir le dit forum et/ou prévenir les utilisateurs des risques d'une modération par un non spécialiste"
"il soit souhaitable de ne pas confier la modération d'un forum psy à une personne souffrant d'un trouble de la personnalité, aussi bien pour les participants que pour cette personne"
(Notre vision n'a strictement rien à voir avec un jugement de valeur:  L'AAPEL fait clairement la différence entre une personne et les troubles psychopathologiques dont elle souffre)
Voir quelques exemples de pseudo "modération"

De la légitimité (diplômes, reconnaissance d'une profession, labels, associations) et des limites de compétence des auteurs de sites psys ?
 
Peut-on croire ce que l'on lit sur INTERNET ?
Question ô combien difficile s'il en est et d'autant plus sur Internet où "l'offre" ne manque pas.

L'évaluation de l'information sur Internet est primordiale dans le domaine des sites psys (à ce titre l'aapel a participé notamment le 7 juin 2OO5 à une journée de formation INSERM sur la "recherche et évaluation de l'information biomédicale sur Internet")

L'objectif de l'évaluation d'un site psy n'est pas de lui octroyer un label de "vérité", la "vérité" n'existant pas dans le domaine des troubles psychopathologiques, mais de disposer de suffisamment d'informations pour se forger sa propre opinion sur base de critères rationnels.

Parmi les points importants à vérifier pour se faire son opinion:

- Qui est l'auteur (les) ,le gestionnaire du site ? (Qu'est ce que l'auteur fait dans la vie, qu'a t'il fait, quelle est son expérience dans le domaine dont il parle) ? (Et comment croire ce qui ne serait pas signé ?)
- Trouve t'on les coordonnées postales pour écrire à l'auteur (et/ou aux responsables) du site ?
- L'auteur se présente t'il comme "professionnel" ou comme "particulier/malade" ? (S'il se positionne en "malade" alors limite-t-il le contenu de son site à son vécu et à des sources professionnelles sans fournir une opinion de "spécialiste" ?)
- L'auteur parle t'il en son nom propre et/ou au nom d'une organisation dont il serait un représentant légal qui lui concèderait une légitimité et laquelle ? (professionnelle, associative, etc)
- Dans le cas où il agirait de la sorte, l'auteur dispose t'il à priori d'une légitimité/connaissance pour s'ériger en "arbitre" ? (Par exemple en arguant de la compétence ou de l'incompétence de tel ou tel, ou en définissant un prérequis à l'exercice de telle ou telle activité)
- Les objectifs du site sont-ils identifiés ? (Et stables dans le temps)
- Les sources sont-elles précisées ? (Sont elles variées, de plusieurs origines, ces sources ont-elles une légitimité, sont-elles issues de publications dans des revues scientifiques, sont-elles rédigées par des professionnels reconnus, ont-elles fait l'objet d'études en aveugle, etc.)
- L'information est-elle présente dans la durée ? (Et non changeante au gré du vent comme une girouette: ceci étant de fait plus difficile à vérifier)
- L'information semble t'elle globalement cohérente ? (Et non constituée d'un ensembles de données qui se contrediraient entre-elles)

Nous pensons qu'il est important de fournir un maximum d'informations aux lecteurs pour qu'ils puissent se forger leur propre opinion. L'objectif n'est certainement pas d'interdire mais d'informer.
 

Faire un commentaire:
N'hésitez pas à nous contacter
Charte du droit du patient à un diagnostic (deontologie.org)
Code de déontologie pratique thérapeutique (AAPEL)

(*) Exemples de dérapages de "modération" sur des sites de psychologie
Un utilisateur dit:
"Je souffre depuis 6 mois de douleurs aux gencives... J'ai vu des dentistes, des neurologues... Ils ne parviennent pas à identifier le mal et me conseillent de consulter un psy... ma question : une douleur physique aussi intense et localisée peut-elle être d'origine psychologique ?"
Et les "modérateurs" de répondre:
"Vi, et pi moi je ferais enlever toutes les dents, on n'a que des embêtements avec ça  . Allez hop, discussion fermée"
ou de conclure certains messages par:
"Bon, assez ri, j'effacerai maintenant tous vos futurs messages. Allez vous faire voir ailleurs."
ou
"... Il alimente l'idée (vraie ou fausse je n'en sais rien) que vous êtes un fou ou un mythomane et que vous refusez des propositions pourtant simples..."
ou
"Chouette !! Un espace réservé aux fêlés, escrocs et illuminés de tous poils. On va enfin être tranquille sur nos sites"
ou
"Je commence à être fatigué par tous ces posts sur le... Je vais sans doute en effacer quelques uns, on tourne en rond et les zozos se répètent à l'infini"
ou
"Tiens, un con, il y avait longtemps "
etc. etc. etc
 
 

AAPEL - retour sommaire de l'association
.
.
.
Mise en garde:
Toutes les informations présentes sur ce site sont dans le but d'aider à comprendre une maladie (le trouble de la personnalité borderline) pour le moins "particulière" et déroutante
Mais aussi et surtout à soutenir les personnes qui souffrent, malades ou pas. En tous les cas, il est INDISPENSABLE d'avoir recours à un médecin psychiatre et ou psychothérapeute spécialiste de la maladie pour confirmer ou infirmer un diagnostic
Quoiqu'il en soit le nom d'une maladie importe peu, ce qui compte, c'est d'appliquer le "bon" traitement à chaque malade.
Tout patient doit consulter un médecin.
.
.
Dernière mise à jour  2016
(création 20 MAl 2OO5)
www.aapel.org/ethique
Copyright association AAPELTM - Tous droits réservés
Auteur , praticien en psychothérapie, président fondateur de l'aapel
Association loi 1901 à but non lucratif
 

Trouble de la personnalité borderline, état limite, TPL, personalité, border line, bordeline, boderline, border-line, maladie, syndrome, désordre, psy, définition, definition, borderlines.
emophane.
les forums médicaux sur internet.
la santé mentale internet.