Trouble de la personnalité borderline état limite et paranoia.
Paranoïa, absence de responsabilité, statut de "victime".
Victimisation et trouble de la personnalité borderline.

Introduction:

Connexions entre trouble de la personnalité borderline et paranoia ou statut de victime.
Vous trouverez sur la dernière partie de ce document notre vision que nous espérons assez globale et à l'écoute de la souffrance
Ce qu'ils en pensent
Point de vue de l'Aapel sur le statut de victime
Témoignages
Symptomes


Statut de victime, victimisation, ce qu'ils en disent.

"J'ai continué à vivre ma vie comme une victime délaissée quand, dans la réalité, bien que j'aie été victime et maltraité en tant qu'enfant, j'ai alors fait choix après choix qui ont continués à sceller mon destin et faire empirer mon trouble de la personnalité" (Ms. A.J. Mahari, "One More Abandonment Will Lead To Recovery", 1999)

"Espoir ! Vous êtes aux commandes des choix qui moulent et faconnent votre vie, que vous acceptiez conciemment  ceci ou pas. Vous avez le choix de CESSER d'être une victime du passé et à commencer à être une personne qui a survécu à celui ci.  Travaillez pour en guérir..." (Ms. A.J. Mahari, "Hope", 2000)

"Si vous appris lors de votre enfance que vos besoins étaient sans importance, vous pouvez croire que prendre soin de vous-même est un acte égoïste. Mais votre plus grande responsabilité est envers vous-même. Quand vous prenez soin de vos propres besoins d'abord, vous pourrez alors vous inquiéter véritablement, donner de votre personne, pas un martyr..." (bpdcentral, "Learning to take care of yourself ")
"Les choix que nous faisons. J'ai appris que, comme adultes, nous devons prendre la responsabilité de nos propres vies et ne pas laisser n'importe qui ou n'importe quoi controler nos vies... ne pas cantoner notre rôle à celui de "victime" de nos vies... et ne pas laisser le passé controler nos vies."(bpdcentral, "The choices we make")

« Ce qui est frappant au Kosovo, c'est le statut de victime dans lequel s'enferment ceux qui ont été humiliés. Ainsi, l'individu maltraité se sentira des droits supérieurs aux autres du fait de sa souffrance. Le réfugié qui retrouve sa maison détruite incendiera celle de son voisin en toute « innocence ».
Et de même, chez nous, toute personne qui subit un accident ou un traumatisme, un divorce ou un manque d'Amour quelconque aura tendance à réduire son identité à ce statut de victime et à porter sur ses semblables un regard déformé par celui-ci. Un regard qui ne laisse plus beaucoup de place à la compassion parce que l'ego se trouve brutalement exacerbé par la douleur physique ou morale... la violence dont nous faisons parfois l'objet n’a d’autre but que de nous faire perdre le sens des valeurs, le sens de l'Amour, et, ainsi, atteindre notre âme » (fraternet.com 3 JUlLLET 99 - A propos de Bernard Kouchner au Kosovo)

« …Il faut pouvoir discriminer ce qui revient au traumatisme de l'abus de ce qui revient aux éventuelles activations ou réactivations traumatiques…
Certains auteurs internationalement reconnus comme Van Gijseghem...insiste sur les risques de victimisation liés à certains programmes d'intervention. Certaines études soulignent qu'il n'y aurait pas de différences en terme de séquelles à long terme entre les victimes qui auraient parlé et celles qui se seraient tues…
Le signalement fait passer l'abus de l'espace intime à l'espace public. Il est souvent le moment d'un soulagement transitoire, mais il peut également coïncider avec une exacerbation des symptômes…
Il semble important que même s’il y a « non-lieu » ou « sans-suite », ces décisions puissent être restituées et surtout expliquées par le juge lui-même à la victime…
… Il convient de ne pas forcer la psychothérapie, ce qui risquerait de réinstaller la victime dans la passivité qui a présidé à l'abus…
L'autorité administrative ou judiciaire en énonçant l'interdit de la transgression vient rappeler l'obligatoire nécessité de garantir les distances entre les êtres… on espère … qu'elle permettra à la victime d'investir ou de réinvestir ses relations sociales amicales ou amoureuses…
Risque de stigmatisation et de victimisation secondaire. L'objectif de la procédure est de restituer à la victime son statut de sujet, le statut de victime apparaissant de ce fait comme initialement nécessaire mais aussi comme nécessairement transitoire…
Un des risques est également de fétichiser ou sacraliser la parole et d'y avoir recours comme quelque chose qui miraculeusement pourrait avoir des effets salvateurs immédiats…
La reconnaissance officielle de la responsabilité de son agresseur ne peut exonérer la victime de travailler psychiquement sa propre culpabilité…
La victime doit pouvoir reconnaître qu'amour et haine peuvent coexister non pour justifier ce qui s'est passé mais pour sortir de l'archaïque et du clivage radical victime/ bourreau » (Sylvie Nezelof Fédération Française de Psychiatrie - A propos de maltraitance sexuelle, victimisation)

« …de très nombreuses études méthodologiquement irréprochables prouvent que les conséquences psychologiques comme les séquelles indélébiles ne sont pas systématiques chez les victimes d'agressions sexuelles…
on sait, sur le plan victimologique, que les enfants affectivement carencés sont infiniment plus vulnérables que les autres et les pédophiles, les vrais, le repèrent très facilement…
Une psychothérapie est le plus souvent utile... à la condition d'avoir un thérapeute suffisamment expérimenté pour ne pas réduire la personne à son statut de victime…
... je considère certains thérapeutes comme capables d'assombrir l'évolution naturelle et le pronostic, en ancrant définitivement l'enfant dans un statut de victime » (etante.fr 2OO2 Dr Paul Bensussan, Psychiatre, sexologue, expert auprès de la cours d’appel de Versailles, et auteur de livres sur le sujet dont « la dictature de l’émotion, la protection de l'enfance et ses dérives », paru chez Belfond au mois de mars 2OO2)

« Aujourd’hui, de plus en plus, notre société favorise le statut de victime. Cette idée est véhiculée voire renforcée par la plupart des médias… S’il est vrai que nous ne pouvons maîtriser ni les événements ni le monde qui nous entoure, rester dans cet état d’esprit ne contribue qu’à alimenter et augmenter la peur et l’angoisse…
Avoir un petit rayon de soleil dans sa vie est indispensable. Une passion, un exutoire qui pourra nous permettre de garder et/ou de retrouver la maîtrise d’une parcelle de notre vie…
Il me paraît illusoire et utopique de vouloir faire disparaître les facteurs de stress. Notre organisme a de toute façon besoin de stimulation, mais de stimulation positive, qui nous fait avancer. C’est possible si nous passons du statut de victime à celui d’acteur conscient de notre vie…
On guérit dans le faire, dans l’action. La guérison dépend de la décision d’entreprendre un nouveau projet qui a un sens vital… de le structurer en définissant ses objectifs, en découvrant les moyens dont on dispose et de l’exécuter, le réaliser » (Françoise Senmartin  « De la victime à l'acteur »)


Point de vue de l'Aapel sur le statut de victime et le trouble de la personnalité borderline
Voici notre sentiment sur la maniacodepression.
Avant un diagnostic de trouble borderline (ou autre) : Après le diagnostic :
« Je reste victime de mon passé, je ne suis pas née avec un trouble borderline, si j’ai contracté ce trouble, ce n’est en rien de ma faute »

Par contre:
« je sais maintenant ce que j’ignorais auparavant »
« je sais que ce trouble se traite, que l’on peut en sortir »
« je demeure victime de mon passé mais je deviens responsable du désir de m’en sortir »
« si je ne me lance pas dans une démarche de lutte, alors je ne peux que me blâmer moi-même »

La conclusion serait donc :
Alors que certaines (je dis bien certaines) personnes qui souffrent d’un état limite voient le diagnostic comme le passage d’un état de « coupable, responsable » à celui de « victime », la réalité est tout autre car elles passent en fait de « victime » de leur passé à « responsable » du désir d’un avenir différent qui devient possible car non dépendant d’une « nature ».

Il appartient donc à tout thérapeute digne de ce nom de faire en sorte de ne pas maintenir leur patient dans un statut de victime qui ne peut que leur être dommageable, mais au contraire de leur rendre un avenir, des responsabilités qui autorisent un libre arbitre, des choix et des projets personnels, et ce tout en ne niant pas leur passé de victime.


Témoignage de "paranoia":

Je suis par exemple gênée pour exprimer ma reconnaissance, voire même je me méfie sur les intentions de l'autre, je lui prête des intentions négatives, c'est un peu de la parano quoi !
Du genre "elle m'invite à sa soirée uniquement pour que je lui prête ma chaîne hi-fi" ou encore "elle m'invite pour pouvoir se foutre de moi" ou "elle a pitié de moi" etc...
Un exemple d'actualité, après avoir accepté de répondre au questionnaire, j'avais donné une adresse email où mon nom apparaissait, j'ai été angoissée car j'avais peur que vous ne publiez mon nom, je savais que c'était de la parano mais c'était plus fort que moi. De même lors de notre première conversation téléphonique j’avais peur que vous enregistriez la conversation et que ma voix soit diffusée, ainsi j’aurais été "démasquée"
Je suis parfois méfiante envers les autres, et même des fois parano, ça m'arrive en effet mais par contre, il m'arrive aussi l'inverse, de faire une confiance totale et aveugle à certaines personnes, ce qui parfois se révèle négatif voire dangereux.

Je ne suis responsable de rien... c'est entièrement la faute des autres si...
Maintenant je sais que je suis responsable de tout, mais avant effectivement j'étais des fois à la limite de la paranoïa voire carrément dedans.
Je rejette la responsabilité de mes fautes sur les autres, exemples
- J'étais violente mais c'est mon mari qui l'était
Ou bien
- Je ne sors jamais c'était de la faute de mon mari qui me voulait que pour lui
Ou bien
- C'est B...qui ne m'a pas rappelée, etc...
Je pense que je pouvais être très méchante parce que je me vengeais inconsciemment du monde extérieur, qui me rendait malheureuse, je n'étais pas encore parvenue à la conclusion que c'était de moi que venaient tous mes échecs, pas des autres

Parfois je vais presque au bord du délire, j'ai déliré sur vous je l'avoue, sur vos intentions, désolée de vous dire ça j'étais méfiante, je délirais, je me disais que votre but était peut-être de me casser, de publier tout ce que j'écrivais pour me détruire, etc... mais bien sur ça n'a pas duré et en plus je savais quand même que c'était des "conneries", contrairement au vrai parano.

il y a un complot contre mon "bonheur"... je suis la victime de...
... Oui mais lequel??:
Je vais donner un exemple, j'avais peur quand je rendais mes copies de partiel que quelqu’un s'amuse à écrire des sottises sur ma copie exprès, ou perde ma copie exprès, le quelqu’un en question je ne savais pas qui c'était, il n'avait pas de visage mais j'avais peur que "quelqu’un"...
J'ai des fois peur que "quelqu’un" soit la, je ne sais ou, à vouloir détruire ma vie.
C'est très flou et presque délirant, mais j'avais une peur réelle :
- Peur d'un complot judiciaire
- Peur d'un complot pour me laisser tomber
- Peur d'un complot familial pour me prendre mes enfants
... je sais que c'est "con" mais je ne peux m'empêcher d'avoir des fois ce genre de peurs absurdes et irrationnelles.

Je suis spectateur de mes échecs et non acteur
Maintenant oui, mais surtout je n'ai plus d'échecs puisque je n'essaie rien !
Avant cela dépendait, je ne comprenais pas effectivement pourquoi "tout foirait", alors je pensais que c'était les autres ou que je n'avais vraiment pas de chance, je me disais des fois "je suis maudite".
Des fois je savais quand même que j'avais déconné, comme quand j'avais couché avec le copain d'une copine sous effet de l'alcool, mais je ne pouvais m'empêcher de rejeter sur les autres la responsabilité, en mentant ou non, d'ailleurs je finissais par croire à mes mensonges.

Vous savez, tout n'est pas simple avec moi, car je ne suis jamais égale, je peux un jour aimer recevoir des autres, le lendemain éprouver de la méfiance... mon problème c'est que justement la même situation peut provoquer chez moi des réactions différentes, voire même contraires, cela dépend des jours, et surtout de mon cerveau hélas.

Nous avons quelques réflexes de parano, d'ailleurs le fait de projeter sur les autres ses échecs
"C’est lui le malade pervers" "c'est lui qui est violent", c'est typiquement un réflexe paranoïaque (j'en cotoyé de vrais paranoïaques et je sais de quoi je parle !).
Ceci-étant, contrairement au vrai parano, on finit quand même par cogiter et revenir à la réalité

Avec l'aimable collaboration de Florence

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Trouble borderline, droit à la maladie et à la dignité - déstigmatisation

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Quoiqu'il en soit le nom d'une maladie importe peu, ce qui compte, c'est d'appliquer le "bon" traitement à chaque malade
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Dernière mise à jour 2016.
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