" Les borderline ont de la chance "
Nous savons que ce titre est un peu " provocateur", mais c’est le but

Préambule:
Ce serait une simplification extrême que de : Avant que les personnes qui souffrent de ce trouble ne sortent un pic pour y planter ma tête et que des proches de malades sortent des bannières pour dire "bravo", je voudrais préciser que cette "dissertation" n'a pas pour but de comparer des souffrances !
Nul être humain ne peut dire s'il souffre plus ou moins qu'un autre.
Nous savons que les personnes qui ont cette maladie vivent bien souvent un calvaire mais que leur proche aussi, même s'il n'est pas du tout de même nature.
Ce qui suit ne compare donc absolument pas des souffrances mais des "maitrises possibles de son destin"
Je vous demanderais donc de l'indulgence en lisant ce qui suit

"Etude" comparative
Conclusion
Synthèse
Témoignages


" Etude " comparative entre :

Situation de la personne Borderline (*) Ses perspectives d’avenir sont : Maîtrise de cette personne malade pour faire évoluer la situation Conclusion provisoire
    Si la personne borderline ne s’en sort pas, c’est que :
  1. Elle n’aura pas fait usage de son libre arbitre pour dire " je veux m’en sortir "
  2. Elle n’aura pas eu en mains tous les éléments lui permettant de savoir que son état n’est pas le fruit de sa " nature " mais d’une maladie ou n'aura pas pu disposer d'un traitement efficace
  3. Le traitement est un échec
      A ce titre l’association peut aider à ce que le 2) se déroule le mieux possible mais ne pourra pas agir sur le 1)
      Donc dans un monde " parfait ", la personne borderline est libre de chercher à s’en sortir " si elle le veut "
      Elle a donc une lumière, de la " chance "
Analysons la situation du " Non " Pourquoi un(e) "imbécile" ? (second degré)
  • Parce que le " non- " est amoureux(se) d’une personne malade
  • Qu’il ne la laisse pas "tomber" pour prendre une personne qui " fonctionne " bien
  • Quelle est la maîtrise du " Non-" pour faire évoluer la situation ? …et
    Conclusion Le " non- ", (si il ne renonce pas à la personne qu’il aime)est totalement impuissant et spectateur
    Il ne peut pas ouvrir les yeux de la personne qu’il aime à sa place
    Il ne peut pas prendre à son compte sa souffrance ce qui a pour conséquence qu'il souffre de cette impossibilité
    Il ne peut pas prendre à son compte sa maladie
    Il ne peut pas décider à sa place de la faire soigner
    Il ne peut pas subir son traitement
    Il ne peut que soutenir moralement, suggérer, éventuellement prier, … et attendre !
    Par contre il est autorisé à souffrir, pour cela aucun problème
    (Certains diront qu’un psy peut l’aider à moins souffrir, pourquoi pas mais de mon point de vue si un " non " déclarait " je l’aime, j’ai fait ce que j’ai pu, la personne que j’aime est libre de ses non-actes, alors je ne souffre pas ", à mes yeux elle n’a pas la moindre petite idée de ce qu’est l’amour.
    Donc, à mes yeux, un psy qui diminue la souffrance du " non " est un psy qui diminue l’amour du " non " pour la personne aimée
    Pour moi le " non " aime la personne aimée qu’elle soit borderline ou pas, ce n’est pas la question. Par contre le constat de souffrance, de l’amour et de la compassion qu’il a pour cette aimée fait que le " non " ne peut que souffrir. Un "psy" peut par contre aider à comprendre, gérer, ...)

    Synthèse CQFD(Ce qu’il fallait démontrer)
    N'hésitez pas à fournir vos réactions


    Témoignages

    Réaction d'une personne qui souffre d'un trouble borderline:
    "Je suis d'accord avec vous : la voie de la guérison,passe par la volonté d'aller mieux.
    Mais cela ne suffit hélas pas toujours.
    L'esprit humain n'est pas un moteur de voiture qu'il suffit d'apporter au garage, et la science est encore loin d'avoir compris son fonctionnement, ce n'est pas si simple !
    Je pense avoir aussi été la cause de grandes souffrances chez mes proches
    J'ai pour l'instant personnellement choisi de les épargner en m'éloignant
    Je pense que vous avez surtout voulu nous faire part de votre vécu de proche, et dans ce sens, je pense avoir compris ce message."

    Réaction d'un proche d'une personne dans le déni
    "Je vais parler de mes souffrances à moi, moi celui qui est totalement épris d’une femme qui me déteste aujourd’hui.
    Ma souffrance est celle «des yeux ouverts» (car «je sais») et aussi celle de l’impuissance.
    Je sais que celle que j’aime a un trouble psy et je n'ai aucun droit de l'aider.
    J’aurais beau fréquenter tous les psy de la planète, ils ne me guériront pas de l’amour, l’amour n’est pas une maladie.
    Et si je lui disais:
    - «Je t’aime», elle ne pourrait pas me croire car elle se «sait» non-aimable.
    - «Je ne suis pas dingue», elle ne pourrait pas me croire car «seul un dingue pourrait l’aimer elle»
    - «Je voudrais t’aider», qu’elle ne pourrait qu’avoir peur car jamais personne ne l’a aidée sans la trahir tôt ou tard, sans que le prix a payer soit exorbitant.
    - «C’est ton mal qui nous sépare», qu’elle ne pourrait pas y croire car elle «sait» que c’est sa «nature» et qu’il n’y a rien à faire pour la changer, «nulle je suis, nulle je resterai»
    - «Ton mal se guérit», qu’elle ne pourrait pas y croire car elle a fait tellement d’efforts sans succès qu’elle «sait» que ce n’est pas possible.
    - «Ta mère te détruit», qu’elle ne pourrait rien y faire car elle «sait» que sa mère est la seule personne qui ne l’abandonnera jamais, quelle que soit sa «nullité»
    - «Faisons un bout de chemin ensemble» qu’elle ne pourrait pas prendre le risque, non pas le risque du bonheur, mais l’incapacité de supporter le moment où elle perdrait tout, car il est «inéluctable» pour elle de tout perdre à un moment ou à un autre.
    - «Faisons un bout de chemin ensemble» qu’elle ne pourrait pas prendre le risque, le risque de devenir ce qu’elle déteste le plus au monde, devenir comme ses parents, la voir reproduire le même schéma dans son couple et traiter ses enfants comme elle a été traitée … et cette «vérité» pourrait la tuer.
    - «Faisons un bout de chemin ensemble» qu’elle pourrait refuser, paradoxalement, pour ME protéger, ME protéger d’elle alors que je ne lui ai jamais demandé de me protéger, c’est mon problème à moi, pas le sien !
    Alors dans ma souffrance de proche, dans mon enfer sans espoir, dans ma totale impuissance et quand bien même je SAIS que la vie de N... est aussi un enfer au quotidien, un enfer notamment parce qu’elle est contrainte de donner une apparence…
    Elle a une CHANCE que je n’aurais JAMAIS, elle a la chance de pouvoir dire «je veux changer mon avenir» elle a la chance de pouvoir dire «je ne veux plus», elle a la chance de pouvoir dire à un psy (ou autre) «aidez moi» alors que moi, je ne peux que souffrir et prier jours après jours pour ne pas apprendre «Elle s’est donnée la mort il y a 3 jours».
    Je ne peux qu’osciller entre une rage folle, car je SAIS que son mal se traite alors que nul ne fait rien… et le désespoir total de voir le spectacle du gâchis de nos vies.
    Alors oui, je suis d'accord, «celui qui a de la chance, c’est le malade» "

    Autre témoignage
    "La majeure partie de mon entourage a tenté de me faire prendre une décision de fuite (quitte-le! protège-toi, etc), je me suis bien souvent perdue dans des réflexions sans fin... Je me suis crue folle et aujourd'hui encore, je me demande souvent ce qui ne va pas chez moi pour vouloir poursuivre une relation si compliquée (justification permanente : mais je l'aime!).
    J'ai moi-même coupé les ponts avec certaines personnes en raison de ma relation amoureuse et il est vrai qu'on
    souffre aussi, nous les "non border" (mais peut être "oui" d'un autre trouble) de voir l'être aimé souffrir, de ne pas comprendre certaines de ses réactions etc.
    Pourtant, Il m'apporte tant ! Pourtant, il est tellement extraordinaire ! Pourtant, c'est LUI que j'aime, aucun autre, c'est avec LUI que je souhaite construire tout le reste de ma vie... Et la seule pensée de délier nos vies me rend "vide de tout".  Ceux qui ne savent rien de ce trouble voient en nous "deux fous, deux déséquilibrés" et c'est pénible à vivre...  J'ai entendu beaucoup de choses désagréables (t'es maso, il se sert de toi, il est pervers, tu supportes pour le confort économique qu'il
    te donne.....) qui m'ont toutes conduit à m'interroger (serais-je maso? Peut être....? ) parfois longuement et en me faisant stagner.
    Grâce aux informations que j'ai pu lire sur le site de l'aapel, maintenant, je comprends ce qui nous arrive : on s'aime mais il souffre, d'une maladie qui porte un nom et qui se soigne. Je souffre aussi, je ne sais pas si c'est plus ou moins que lui, intuitivement, je dirais moins, peut être d'ailleurs aussi en raison d'une pathologie spécifique...
    Mais on s'aime et ça, c'est formidable et c'est même l'essentiel. Pour tout le reste, il y a l'espoir, grâce à l'information, d'une évolution heureuse."
    Laurence
     

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    ou Le 'non-' est-il condamné à avoir tort ?

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    Mise en garde:
    Toutes les informations présentes sur ce site sont dans le but d'aider à comprendre une maladie pour le moins "particulière" et déroutante
    Mais aussi et surtout à soutenir les personnes qui souffrent, malades ou pas. En tous les cas, il est INDISPENSABLE d'avoir recours à un médecin psychiatre et ou psychothérapeute spécialiste de la maladie pour confirmer ou infirmer un diagnostic
    Quoiqu'il en soit le nom d'une maladie importe peu, ce qui compte, c'est d'appliquer le "bon" traitement à chaque malade
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    Dernière mise à jour 2013
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    Auteur Alain Tortosa, psychothérapeute, président fondateur de l'aapel
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    (*) J’écris le ou la borderline parce que c’est moins long que " la personne qui souffre d’un trouble de la personnalité borderline état limite "